Frais généraux permanents
Les frais généraux permanents désignent, en assurance, une garantie qui prend en charge les charges fixes d’une entreprise lorsqu’un sinistre entraîne une baisse ou un arrêt du chiffre d’affaires. Loyers, cotisations sociales, remboursements d’emprunt, salaires du personnel non productif : ces dépenses continuent de courir même quand l’activité est paralysée.
Mécanisme de la garantie
La garantie frais généraux permanents intervient après un sinistre matériel (incendie, dégât des eaux, bris de machine) ou, dans certains contrats, après une incapacité temporaire du dirigeant. L’assureur verse une indemnité calculée sur la base des charges fixes réelles, attestées par les documents comptables, pendant une période définie au contrat. Cette période d’indemnisation, souvent exprimée en mois, est un paramètre décisif à fixer lors de la souscription : trop courte, elle laisse l’entreprise exposée le temps que l’activité reprenne son rythme normal.
La prime dépend principalement du montant des frais généraux déclarés, de la durée de garantie choisie et du secteur d’activité. Une franchise s’applique généralement, exprimée en jours d’interruption avant que l’indemnisation démarre.
Frais généraux permanents et perte d’exploitation
Les deux garanties sont proches mais ne couvrent pas le même périmètre. La perte d’exploitation des professionnels indemnise la marge brute perdue, c’est-à-dire la différence entre le chiffre d’affaires non réalisé et les charges variables économisées. La garantie frais généraux permanents, elle, cible uniquement les charges qui restent dues quoi qu’il arrive : loyer, assurances, abonnements fournisseurs, cotisations obligatoires. Pour une TPE dont les dommages matériels n’entraînent pas de perte de marge immédiate mais génèrent des frais fixes incompressibles, cette garantie peut être plus adaptée qu’une perte d’exploitation classique.
Dans le cadre de la prévoyance TNS, une variante couvre les frais généraux du cabinet ou du bureau lorsque le dirigeant indépendant est en arrêt pour invalidité ou maladie : l’assureur règle alors les charges du professionnel pendant son incapacité, évitant que son patrimoine personnel soit mis à contribution.
Un exemple concret
Un cabinet de conseil en gestion emploie deux salariés et loue des bureaux. Un incendie détruit le matériel informatique et rend les locaux inutilisables pendant plusieurs semaines. Le chiffre d’affaires tombe à zéro, mais le loyer, les salaires, les cotisations et les remboursements de crédit-bail continuent. La garantie frais généraux permanents prend en charge ces dépenses fixes dès la fin de la franchise, jusqu’à la reprise effective de l’activité ou jusqu’au terme de la période garantie au contrat. Sans cette couverture, l’entreprise doit puiser dans sa trésorerie ou contracter un emprunt d’urgence pour honorer ses obligations.
Ce que le contrat doit préciser
Avant de souscrire, trois points méritent d’être vérifiés avec soin. D’abord, la liste des sinistres déclencheurs : certains contrats limitent la garantie aux dommages matériels couverts par la multirisque professionnelle, d’autres l’étendent à l’incapacité du dirigeant. Ensuite, le mode de calcul de l’indemnité : certains assureurs appliquent un forfait mensuel garanti, d’autres remboursent les charges réelles sur justificatifs. Enfin, les exclusions : pertes résultant d’une décision administrative, d’un retrait de licence ou d’un litige avec un tiers sont souvent exclues des risques couverts.
Un courtier peut analyser vos charges fixes réelles, comparer les modalités proposées par plusieurs assureurs et calibrer la période d’indemnisation en fonction de la durée estimée pour remettre votre activité en état.