Lexique

Contre-expertise

La contre-expertise est la procédure par laquelle un assuré, en désaccord avec les conclusions de l’expert mandaté par la compagnie d’assurance, fait appel à un expert de son choix pour obtenir une évaluation indépendante des dommages subis. Elle s’applique aussi bien après un sinistre matériel (incendie, dégâts des eaux, vol) qu’en cas de dommages corporels, et conditionne souvent le montant final de l’indemnisation.

Déroulement de la contre-expertise

Après un sinistre, l’assureur mandate son propre expert pour évaluer les dommages et chiffrer l’indemnisation. Ce rapport est transmis à l’assuré. Si vous estimez que l’évaluation est inexacte, sous-estimée ou incomplète, vous pouvez faire appel à un expert d’assuré, que vous choisissez et rémunérez vous-même. Cet expert produit un second rapport contradictoire.

Les deux experts tentent alors de trouver un accord amiable. En cas d’échec, le contrat prévoit généralement le recours à une tierce expertise : les deux experts désignent conjointement un troisième expert, dont les conclusions s’imposent aux deux parties. Ce mécanisme est encadré par les conditions générales du contrat, qui précisent les délais et les modalités de désignation. En l’absence d’accord à ce stade, le litige peut être porté devant le tribunal compétent, mais cette démarche reste rare.

Les honoraires de l’expert d’assuré sont à votre charge, sauf si votre contrat inclut une garantie de protection juridique entreprise couvrant les frais d’expertise amiable. Vérifiez ce point avant d’engager la procédure : certains contrats multirisque professionnelle ou multirisque habitation intègrent cette prise en charge.

Expertise et contre-expertise

On confond souvent l’expertise d’assurance et la contre-expertise. L’expertise est la première évaluation, réalisée par un expert mandaté par l’assureur : elle est neutre en principe, mais elle défend mécaniquement les intérêts de la compagnie, puisqu’elle conditionne le montant qu’elle devra verser. La contre-expertise, elle, est l’évaluation réalisée par un expert que vous mandatez, dont l’indépendance vis-à-vis de l’assureur est la condition d’utilité.

Un professionnel du bâtiment dont les locaux ont subi un incendie peut constater que l’expert de l’assureur n’a pas retenu certains dommages matériels sur les équipements ou a appliqué un coefficient de vétusté contestable. L’expert d’assuré peut alors documenter ces éléments, chiffrer le préjudice réel et négocier directement avec l’expert adverse. Le rapport contradictoire constitue la pièce centrale de cette négociation.

Cas où la contre-expertise est pertinente

La contre-expertise n’est pas utile à chaque sinistre. Elle devient pertinente dans trois situations précises.

Premièrement, quand le montant proposé par l’assureur ne couvre pas le coût réel de remise en état, notamment pour des dommages complexes (dégâts des eaux avec infiltration structurelle, sinistre auto sur un véhicule utilitaire de valeur élevée, catastrophe naturelle touchant des locaux professionnels).

Deuxièmement, quand l’expert de la compagnie a écarté des postes de dommages que vous estimez couverts par vos garanties : une franchise mal appliquée, des dommages corporels sous-évalués, ou des biens professionnels omis dans l’inventaire.

Troisièmement, quand vous disposez de devis de réparation ou de remplacement qui contredisent significativement le chiffrage retenu dans le rapport de l’assureur. Dans ce cas, l’expert d’assuré s’appuie sur ces éléments pour étayer la réclamation.

Un indépendant dont le véhicule automobile a été endommagé et dont l’assureur propose une indemnisation inférieure au coût de remplacement à l’identique peut ainsi contester l’évaluation sans saisir immédiatement le tribunal, en passant par la procédure contradictoire prévue au contrat.

FAQ

Questions fréquentes