Lexique

Tacite reconduction

La tacite reconduction est le mécanisme par lequel un contrat d’assurance se renouvelle automatiquement à son échéance annuelle, sans qu’aucune des deux parties n’ait à manifester son accord. Le contrat continue aux mêmes conditions pour une nouvelle période, sauf dénonciation dans les délais prévus par le Code des assurances ou par les conditions générales.

Fonctionnement de la tacite reconduction

L’article L113-12 du Code des assurances pose le principe : tout contrat d’assurance à durée d’un an se reconduit chaque année si aucune des parties ne le résilie. Pour résilier à l’échéance, l’assuré doit envoyer sa demande au moins 2 mois avant la date d’échéance, le délai courant à partir de la date d’expédition. Le contrat prévoit parfois un préavis plus court, auquel cas c’est cette durée qui s’applique.

Les modes de notification autorisés par l’article L113-14 sont plus larges qu’on ne le croit souvent : lettre, support durable, déclaration au siège ou chez le représentant, acte extrajudiciaire, ou voie électronique si le contrat a été souscrit par ce moyen. La lettre recommandée reste le mode le plus sûr pour prouver la date d’envoi, mais elle n’est pas la seule option.

Si la demande de résiliation arrive après la date limite, le contrat se reconduit pour une année supplémentaire et la prime correspondante est due.

Illustration concrète

Prenons un contrat de RC Pro avec une échéance fixée au 1er janvier. La date limite de résiliation se situe au 1er novembre de l’année précédente. Un professionnel qui envoie sa lettre le 5 novembre, même par courrier recommandé, ne pourra pas résilier à cette échéance : le contrat se reconduit, et les garanties restent actives jusqu’au 31 décembre suivant.

Si l’assureur modifie les conditions ou la prime avant la reconduction, il doit en informer l’assuré dans les délais fixés au contrat. Cette modification ouvre en général un droit de résiliation sans attendre l’échéance suivante.

Loi Chatel et loi Hamon

Ces deux lois sont souvent citées à tort dans un contexte professionnel.

La loi Chatel (article L113-15-1) oblige l’assureur à rappeler la date limite de résiliation avant chaque reconduction. Cette obligation concerne uniquement les contrats couvrant des personnes physiques en dehors de leur activité professionnelle. Un contrat de multirisque professionnelle, de décennale ou de flotte automobile n’y est pas soumis.

La loi Hamon (article L113-15-2) permet de résilier à tout moment après un an de contrat, sans attendre l’échéance. Elle est réservée aux contrats auto, habitation et affinitaires souscrits par des particuliers. Un dirigeant qui souscrit une assurance pour son entreprise ne peut pas l’utiliser.

Un professionnel qui souhaite résilier un contrat hors échéance doit donc s’appuyer sur d’autres cas légaux : changement de situation affectant le risque couvert (cessation d’activité, changement de profession, déménagement), non-paiement de la prime par l’assureur, ou modification des conditions par l’assureur.

Tacite reconduction et contrats professionnels

La tacite reconduction concerne l’ensemble des contrats d’assurance professionnelle : RC Pro, cyber, prévoyance, mutuelle entreprise, protection juridique, garanties de dirigeants. Chaque contrat a sa propre date d’échéance et son propre préavis. Un professionnel qui gère plusieurs contrats auprès de compagnies différentes court le risque de manquer l’une de ces dates limites.

Le rôle d’un courtier consiste notamment à suivre les échéances de l’ensemble des contrats du client, à l’informer des renouvellements à venir et à vérifier que les garanties restent adaptées à la situation réelle de l’entreprise. Cette surveillance est particulièrement utile quand l’activité évolue : une startup qui lève des fonds, un artisan qui recrute ses premiers salariés ou un indépendant qui change de statut peuvent avoir besoin d’ajuster leur couverture avant la prochaine reconduction.

FAQ

Questions fréquentes