Lexique

Chiffre d'affaires déclaré

Le chiffre d’affaires déclaré est le montant de revenus communiqué par le professionnel à son assureur, généralement à la souscription puis à chaque échéance annuelle. Il sert de base au calcul de la prime pour plusieurs contrats professionnels, dont la assurance décennale et la multirisque professionnelle. Un écart entre le chiffre déclaré et le chiffre réel entraîne une régularisation, voire une réduction de l’indemnisation en cas de sinistre.

Mécanisme de calcul de la prime

L’assureur applique un taux à la base déclarée pour obtenir le montant de la cotisation. Ce taux varie selon l’activité, la nature des garanties souscrites et le profil de risque de l’entreprise. Pour l’assurance décennale par exemple, le taux est appliqué au chiffre d’affaires ventilé par corps de métier : gros œuvre, second œuvre, travaux d’étanchéité. Chaque catégorie présente un niveau de risque différent, ce qui rend la ventilation précise indispensable au calcul juste de la prime.

Pour la multirisque professionnelle ou la RC Pro, le chiffre d’affaires peut être l’un des critères de tarification parmi d’autres, comme l’effectif salarié ou la nature des biens couverts. Certains contrats fonctionnent sur une base provisionnelle : le professionnel déclare une estimation en début d’année, puis communique le chiffre réel à l’échéance. L’assureur émet alors un avenant de régularisation, à la hausse ou à la baisse.

Sous-déclaration et sur-déclaration

La sous-déclaration consiste à communiquer un chiffre d’affaires inférieur à la réalité. Elle réduit la prime payée, mais expose le professionnel à deux risques concrets. D’abord, l’assureur peut appliquer la règle proportionnelle lors d’un sinistre : l’indemnisation est réduite dans le même rapport que le chiffre déclaré l’était par rapport au chiffre réel. Ensuite, dans les cas les plus graves, une omission volontaire peut être qualifiée de fausse déclaration intentionnelle et entraîner la nullité du contrat, privant l’entreprise de toute couverture.

La sur-déclaration produit l’effet inverse : la prime est surévaluée. Elle ne procure aucun avantage en termes de garanties et génère un coût inutile. Quelques mois après la clôture de l’exercice, la régularisation corrige l’écart dans les deux cas, à condition que le professionnel transmette ses chiffres réels dans les délais fixés au contrat.

Les erreurs les plus fréquentes portent sur la ventilation par activité, l’inclusion de transactions intragroupes ou de refacturations qui ne correspondent pas à une activité assurable, et l’oubli de déclarer une activité secondaire développée en cours d’année.

Chiffre d’affaires déclaré et chiffre d’affaires assurable

Ces deux notions sont souvent confondues. Le chiffre d’affaires assurable est la part du chiffre d’affaires total retenue par l’assureur comme base de calcul, après application des définitions et exclusions prévues aux conditions générales. Certaines prestations peuvent en être exclues, par exemple les travaux sous-traités intégralement à un tiers ou les ventes de matériaux sans pose.

Déclarer le chiffre d’affaires total sans appliquer ces définitions conduit à une sur-déclaration. À l’inverse, exclure des prestations qui entrent dans le périmètre couvert constitue une sous-déclaration. Vérifier avec son courtier quelles transactions entrent dans la base assurable évite les deux écueils.

Déclaration annuelle et suivi en cours d’année

La déclaration annuelle du chiffre d’affaires est généralement transmise à l’assureur dans les semaines suivant la clôture de l’exercice comptable, selon le calendrier fixé au contrat. Pour les entreprises dont l’activité évolue rapidement, une mise à jour en cours d’année par avenant permet d’ajuster la couverture sans attendre l’échéance. Un chiffre d’affaires en forte hausse non signalé peut laisser l’entreprise sous-couverte si un sinistre survient avant la régularisation annuelle.

Le courtier joue un rôle de relais : il rappelle les délais, vérifie que la ventilation par activité correspond aux définitions du contrat et soumet la déclaration à l’assureur. Ce suivi régulier limite les erreurs et garantit que les garanties restent adaptées au volume d’activité réel de l’entreprise.

FAQ

Questions fréquentes